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Viens!

Set by Edouard Lalo (1823-1892) , "Viens!", 1884.

Note: this setting is made up of several separate texts.

Viens, cherchons [cette]1 ombre propice,
Jusqu'à l'heure où de ce séjour
Les fleurs fermeront leur calice
Aux regards languissants du jour.
Voilà ton ciel, ô mon étoile!
Soulève, oh! soulève ce voile,
Éclaire la nuit de ces lieux;
Parle, chante, rêve, soupire,
Pourvu que mon regard attire
Un regard errant de tes yeux.

Laisse-moi parsemer de roses
La tendre mousse où tu t'assieds,
Et près du lit où tu reposes
Laisse-moi m'asseoir à tes pieds.
Heureux le gazon que tu foules,
Et le bouton dont tu déroules
Sous tes doigts les fraîches couleurs!
Heureuses ces coupes vermeilles
Que pressent tes lèvres, pareilles
[Aux frelons qui tètent les fleurs!]2

[Si l'onde des lis que tu cueilles
Roule les calices flétris,
Des tiges que ta bouche effeuille
Si le vent m'apporte un débris,
Si ta bouche qui se dénoue
Vient, en ondulant sur ma joue,
De ma lèvre effleurer le bord;
Si ton souffle léger résonne,
Je sens sur mon front qui frissonne
Passer les ailes de la mort.]3

Souviens-toi de l'heure bénie
Où les dieux, d'une tendre main,
Te répandirent sur ma vie
Comme l'ombre sur la chemin.
Depuis cette heure fortunée,
Ma vie à ta vie enchaînée,
Qui s'écoute comme un seul jour,
Est une coupe toujours pleine, 
Où mes lèvres à longue haleine
Puisent l'innocence et l'amour.

[Ah! lorsque mon front qui s'incline
Chargé d'une douce langueur,
S'endort bercé sur ta poitrine
Par le mouvement de ton coeur...]3
Authorship

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Available translations (or transliterations, if applicable):

    * ENG English [singable] (Samuel Byrne)
1 Lalo, Lavigne: "une"
2 Lalo, Lavigne: "À l'abeille, amante des fleurs!"
3 omitted by Lalo and Lavigne.

[Un jour, le temps jaloux, d'une haleine glacée,
Fanera tes couleurs comme une fleur passée
   Sur ces lits de gazon ;
Et sa main flétrira sur tes charmantes lèvres
Ces rapides baisers, hélas ! dont tu me sèvres
   Dans leur fraîche saison.

Mais quand tes yeux, voilés d'un nuage de larmes,
De ces jours écoulés qui t'ont ravi tes charmes
   Pleureront la rigueur ;
Quand dans ton souvenir, dans l'onde du rivage
Tu chercheras en vain ta ravissante image,
   Regarde dans mon cœur !

Là ta beauté fleurit pour des siècles sans nombre ;
Là ton doux souvenir veille à jamais à l'ombre
   De ma fidélité,
Comme une lampe d'or dont une vierge sainte
Protège avec la main, en traversant l'enceinte,
   La tremblante clarté.

Et quand la mort viendra, d'un autre amour suivie,
Éteindre en souriant de notre double vie
   L'un et l'autre flambeau,
Qu'elle étende ma couche à côté de la tienne,
Et que ta main fidèle embrasse encor la mienne
   Dans le lit du tombeau.]1

[Ou plutôt puissions-nous]2 passer sur cette terre,
Comme on voit en automne un couple solitaire
   De cygnes amoureux
[Partir, en s'embrassant, du nid qui les rassemble,
Et vers les doux climats qu'ils vont chercher ensemble]1
   S'envoler deux à [deux.]3
Authorship

1 omitted by Lalo.
2 Lalo: "Puissions-nous"
3 Lalo: "deux?"