The Lied and Art Song Texts Page

La mer

Song Cycle by César Antonovich Cui (1835-1918)


1. Larmes

Language: French

Authorship

See other settings of this text

Available translations (or transliterations, if applicable):


 Pleurons nos chagrins, chacun le nôtre,
 Une larme tombe, puis une autre,
 Toi, qui pleures-tu? ton doux pays,
 Tes parents lointains, ta fiancée.
 Moi, mon existence dépensée
 En voeux trahis!

 Pleurons nos chagrins, chacun le nôtre,
 Une larme tombe, puis une autre,
 Semons dans le mer ces pâles fleurs
 A notre sanglot qui se lamente 
 Elle répondra par la tourmente
 Des flots hurleurs.

 Pleurons nos chagrins, chacun le nôtre,
 Une larme tombe, puis une autre.
 Le flux de la mer en est grossi
 Et d'une salure plus épaisse,
 Depuis si longtemps que notre espèce
 Y pleure ainsi.

 Pleurons nos chagrins, chacun le nôtre,
 Une larme tombe, puis une autre,
 Peut-être toi-même, ô triste mer,
 Mer au goût de larme âcre et salée,
 Es-tu de la terre inconsolée
 Le pleur amer!


2. La falaise

Language: French

Authorship


La falaise en forteresse
Blanche et rigide se dresse,
Et du haut de ses remparts,
Ô vagues, elle se raille
De vos escadrons épars
Écrasés à sa muraille.

En vain vous la menacez 
De vos coups jamais lassés,
De vos troupes toujours fraîches;
La garnison pas à pas,
Vous laissant ouvrir vos brèches.
Recule et ne se rend pas.

Parfois, doublant votre rage,
Bat le tambour de l'orage,
Sonne le clairon du vent.
Vous galopez d'une traite.
Au galop! Sus! En avant!

Vous escaladez la crête.
Les talus sont arrachés,
Des pans de sol, des rochers.
La vieille se démantèle.
Et voici de toutes parts
Que s'émiettent devant elle
Les crénaux de ses remparts.

Dans sa muraille éventrée
Votre irrésistible entrée
Va, creuse, élargit son trou,
Bondit, massacre, renverse,
Brèche suprême, par où
Il pleut des morts en averse.

Mais ces cadavres croulants
Embarrassent vos élans;
Car la plage est toute pleine
D'un monceau d'estropiés
Où vos chevaux hors d'haleine
S'abattent pris par les pieds.

Et toujours la forteresse
Blanche et rigide se dresse,
Puisque sans peur ni remords
Pour briser vos cavalcades
C'est avec ses propres morts
Qu'elle fait des barricades.


3. Oceano nox

Language: French

Authorship


 Dans le silence
 Le bateau dort
 Et bord sur bord
 Il se balance.

 Seul à l'avant
 Un petit mousse
 D'une voix douce
 Siffle le vent.

 Au couchant pâle
 Et violet
 Flotte un reflet
 Dernier d'opale.

 Sur les flots verts,
 Par la soirée
 Rose et moirée
 Déjà couverts,

 Sa lueur joue,
 Comme un baiser
 Vient se poser
 Sur une joue.

 Puis, brusquement,
 Il fuit, s'efface,
 Et sur la face
 Du firmament,

 Dans l'ombre claire,
 On ne voit plus
 Que le reflux
 Crépusculaire.

 Les flots déteints
 Ont, sous la brise,
 La couleur grise
 Des vieux étains.

 Alors la veuve
 Aux noirs cheveux
 Se dit: "Je veux
 Faire l'épreuve

 De mes écrins
 Dans cette glace."
 Et la Nuit place
 Parmi ses crins,

 Sous ses longs voiles
 Aux plis dormants,
 Les diamants
 De ses étoiles.


4. Les Songeants

Language: French

Authorship


 Dans le pays on les appelait les Songeants.
 A force d'être ensemble ayant mine pareille,
 On eût dit deux sarments, secs, de la même treille.
 C'était un vieux marin et sa femme, indigents.
 Ils se trouvaient heureux et n'étaient exigeants;
 Car elle avait perdu la vue, et lui l'oreille.
 Mais chaque jour, à l'heure où le flux appareille,
 Ils venaient, se tenant par la main, bonnes gens,
 Et demeuraient assis sur le bord de la grève,
 Sans parler, abîmés dans l'infini d'un rêve,
 Et jusqu'au fond de l'être avaient l'air de jouir.
 Ainsi de leurs vieux ans ils achevaient la trame,
 Le sourd à voir la mer, et l'aveugle à l'ouïr,
 Et tous deux à humer son âme dans leur âme.


5. Adieu-vat!

Language: French

Authorship


 Ainsi le naufragé sans barre et sans compas,
 Au moment de sombrer sous la vague profonde,
 Vers les abîmes noirs où n'atteint pas la sonde,
 Sûr qu'aux requins son corps va servir de repas,
 Veut arracher du moins sa mémoire au trépas,
 Et la lègue, livrée à la grâce de l'onde.
 Aux flancs garnis d'osier d'une bouteille ronde
 Que la mer roulera, mais ne brisera pas;
 Ainsi sur l'Océan de ce siècle d'orages,
 Je veux mettre mon nom à l'abri des naufrages
 Dans l'osier de ces vers solidement tressés.
 Et j'espère qu'un jour, après mille aventures,
 Ô flots en qui j'ai foi, flots qui m'engloutissez,
 Vous le déposerez sur les plages futures.


Search/Shop for

Sheet music:

 * Search sheetmusicplus.com for La mer, Art song , Lieder, chansons, or works for solo voice
 * Search musicroom.com for La mer, vocal/choral music

CDs:

 * Search amazon.com for La mer, art song, Lieder, or chansons
 * Search amazon.ca for La mer, art song, Lieder, or chansons

Books:

 * The Art of the Song Recital [amazon.com]
 * The Book of Lieder: The Original Texts of Over 1000 Songs [amazon.com]
 * Search amazon.com for art song, Lieder, or chansons
 * Search amazon.ca for art song, lieder, or chansons